Thème du mois : Printemps

Ce texte a été composé en écoutant la musique de Vadraël.

http://www.myspace.com/vadrael

    La pluie clapote doucement sur le dos des feuilles naissantes qui peuplent les arbres. L'eau s'insinue partout creusant dans le sol encore froid de l'hiver des sillons qui rappellent les ruisseaux et rivières s'acheminant vers la mer. Nourriture des plantes, la forêt tout entière accueille cette pluie salvatrice dans un grand cris silencieux. Il y a longtemps que les arbres se sont enfermés dans un profond mimétisme,à quoi bon parler quand plus personne ne veut écouter et plus encore quand le silence permet la refléxion. La terre boit avidement ces gouttes étanchant une soif nécessaire à la vie. Il existe un temps pour chaque chose et celui de la mort, de la désolation et du sommeil réparateur vient de se finir annonçant celui où tout renait de ses cendres, phénix éternel. Les racines qui puisent l'eau avaler par la terre se réveillent secouant leurs extrémités imperceptiblement mais suffisamment pour reprendre des forces. La sève achemine jusqu'aux multiples branches la source qui faire renaître la vie. C'est le printemps le ciel pleure de joie.

    Le jour s'est levé mais la pluie continue de tomber, Athéneya, petite fille du vieux roi Zéou sait que la cérémomie va bientôt avoir lieu. L'équinoxe qui comme chaque année accorde aux plus sages et courageux : les kalloskagathos le passage à l'âge adulte. La forêt s'emplit d'une rumeur chacune des créatures sauvages et sylvestre attendent avec impatience l'heure où le soleil se couchera et annoncera le début de la cérémonie. Athéneya pris chaque soir chacun des dieux du panthéon pour que la lune soit clémente. Son voeux le plus cher et le plus lourd, elle veut ce soir entrer dans l'âge adulte et quitté le monde des enfants. La petite fée sort pour se baigner de pluie. La puissance de la forêt est haletante, insupportable et pourtant bienfaisante. Humblement elle lui rappelle sa vulnérabilité. Le rythme du clapotis sur les feuilles des arbres, des fougères, du sol et la douce musique du vent qui souffle entraînent son corps dans une danse fluide tout comme l'eau. Les mouvements improvisés miment la joie, l'espoir, la renaissance, la danse conduisant Athéneya à représenter la fin de l'hiver et le commencement d'une nouvelle vie. Tourne, virevolte, rien ne peut arrêter cette danse à part toi. Athéneya épuisé s'allonge sur le sol mêlant sa transpiration à l'eau de pluie et à la boue maculant son visage pâle.

    La lune est entrée dans le ciel comme un boulet de canon crevant la nuit de sa lumière. Pas tout à fait ronde, mais rien n'arrêtera sa course, pas même la cérémonie silencieuse qui se déroule dans une clairière sur madame la Terre. La lune ouvre de grands yeux jaunes et observe curieuse se rassemblement de créatures. La pluie recommence à tomber crachin de nuage, puis averse de ciel grisonnant jetant un voile pudique sur cette étrange cérémonie. Mais la lune dans sa demeure éternelle pleure de manquer encore une fois ce rassemblement. Elle regrette de ne pas être un arbre bordant la clairière, un chêne ou un marronnier peut être témoin séculaire de ce passage de l'hiver au printemps, de la mort à la vie. Ce soir une porte s'ouvre, issue de la tradition et permet de célébrer la nature les croyances et la vie. La lune scrute de son regard perçant une trouée entre les nuages. Aveugle, elle attend patiemment elle aussi le printemps...

 

 

 

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