Thème du mois de janvier : bleu

Bleu

"J'aimerais vivre un crépuscule éternel..." Dans le train regardant par la vitre, j'admirais le ciel. Le vent avait soufflé fort toute la journée  chassant les nuages gris pâles de la voûte céleste. Un bleu d'une rare pureté régnaitsur les cieux, je me perdais dans sa contemplation oubliant le temps qui passait, la machine avalant goûlument les kilomètres. La journée avait été dure, trop peut-être. Ma tête lourde et douloureuse se balançait au rythme de son voyage. Les yeux perdus dans l'immensité bleue, je cherchais à m'évader de cette vie morose, plate et sans relief.Etrange comme la tombée de la nuit pouvait révéler un paysage, les couleurs du ciel changeaient en un magnifique dégradé de couleur allant du bleu clair au rouge en passant par l'orangé vif. Sur le chemin qui me reconduisait chez moi, chaque soir depuis six ans je regardais le ciel. Certains des passagers lisaient, plongés jusqu'aux coudes dans un livre passionnant, un journal, d'autres tricotaient filant la laine et confectionnant différents ouvrages pour leur famille, d'autres encore discutaient partageant leur vie non seulement avec leurs interlocuteurs mais aussi aux autres passagers toujours attentifs au moindre divertissements, téléphonaient sans se soucier le moins du monde d'étaler une conversation privée ou faisaient les mots fléchés. Peu préoccupée par ces passagers anonymes que je croisais peut-être chaque jour, je contemplais toujours le ciel qui continuait de changer de couleur. Par cette nuit sans nuage, même à proximité de la capitale le ciel gardait la pureté du cristal sans en prendre la couleur. L'étoile du berger pointa le bout de sa lumière soulignant la profondeur bleuté du ciel qui me rappelait tant les yeux de ma mère quand elle m'embrassait les soirs de ma petite enfance. Je laissais mon esprit voguer dans une mer de souvenirs qui revenait me hanter. Le train s'arrêtait, les lumières de la gare me cachaient mon ciel me ramenant à la dure réalité. Je m'enfermais dans un monde de rêves, loin de cette réalité maussade que je vivais depuis trop longtemps. Je manquais de louper mon arrêt la tête perdue dans les étoiles dans ce ciel qui était devenu mon échapatoire. La descente signifiait la fin de mon voyage, le retour à mon enfer. Plus d'une fois dans ce train que je prenais tous les jours je m'étais répétée cette phrase comme une litanie : "J'aimerais vivre un crépuscule éternel et vivre seulement pour les bleus du ciel..."

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