Chapitre 2 : Ne pas s'ancrer dans les habitudes...

 

Chapitre 2

Le lendemain soir, après un réveil difficile, il se leva et comme tous les matins il se dirigea vers la cuisine, il but d'un trait son verre de sang. Il s'habilla et laissa un petit mot à l'attention de la femme de ménage pour qu'elle remplisse son frigo, sa dernière bouteille était pratiquement vide et pour qu'elle change les draps. Il descendit au parking enfourcha sa moto et se rendit à la maison de la sorcière. Il arriva au grand portail un peu en avance, il avait fait la route de mémoire. Le vigile sortit de son abri emmitouflé dans un gros blouson noir. Après une brève discussion avec lui, il prit le chemin pavé et s'arrêta devant la porte. Avant même qu'il ne frappe, la sorcière ouvrit la porte. L'autre garde du corps sortit le saluant. Le chauffeur lui ouvrit la portière de la limousine tout sourire, puis il lança un regard noir au vampire avant de partir. Il rentra à la suite de la jeune femme. Elle referma la porte.

« Bonsoir Mr Renault, comment allez-vous ce soir?

_ Bien, merci, répondit-il tout doucement.

_ Je vais aller me coucher, avez-vous besoin de quelque chose?

_ Non ça va aller, je vais vous attendre sur votre canapé. »

Une fois la porte de la chambre refermée, il ne put s'empêcher de l'entendre se déshabiller et se glisser dans les draps. Son souffle se fit plus régulier, ses battements de coeur ralentirent. Elle dormait du sommeil du juste. Le chauffeur revint et resta dans la voiture. Le vampire se demanda s'il avait une maison où s'il vivait dans la limousine. Il resta à écouter les voitures qui passaient sur la route qui longeait le portail, tout en écoutant le souffle régulier de la jeune femme. Lorsqu'elle sortit de sa chambre, le vampire lui avait préparé un plateau repas avec un jus de fruit et une assiette remplie de gâteaux.

« C'est très gentil, il ne fallait pas.

_ Je m'ennuyais. Je ne savais pas quoi prendre.

_ Merci, c'est parfait. »

Elle mangea sans un mot trempant ses gâteaux dans le jus de fruit. Elle le regardait en coin mais rien ne transparaissait sur son visage.

« Mr Renault, j'ai repris rendez-vous avec le médecin et à part lui j'ai pris soin de n'en parler à personne. Nous repartons à la clinique dès maintenant.

_ Je vous suis. »

Il se retourna vers elle et l'observa se préparer. Elle enfila sa cape prune et troqua ses chaussons contre sa paire de bottes noires. Sans se retourner, elle sortit consciente qu'il ne la lâchait pas. Il lui ouvrit la portière, le chauffeur ne se donna même pas la peine de descendre. Une fois assise et sa ceinture attachée, elle se tourna vers le vampire et lui demanda :

« C'est le sang qui vous a tourné la tête, n'est-ce-pas?

_ Oui, déclara-t-il l'air coupable.

_ Je m'en doutais. D'un autre coté c'est un peu normal vu votre nature. Si ça vous perturbe autant, pour ma sécurité bien sur, vous devriez rester à l'extérieur, déclara-t-elle avec un joli petit sourire.

_ En effet, et puis comme ça vous pourrez vous retrouver en tête à tête avec ce gentil docteur Delarue. »

Un large sourire éclairait son visage, alors que celui de la sorcière se fanait. La conversation ainsi close, ils roulèrent un moment sans parler, puis la sorcière reprit :

« Ça se voit tant que ça.

_ Je le crains. Vous le dévorez des yeux et buvez ses paroles. Votre coeur bat la chamade, vos cils papillonnent à une allure folle. Vous chavirez littéralement.

_ Oh ma Déesse! C'est terrible. Il a dû s'en apercevoir. Ses joues prirent la couleur d'un bouquet de rose, elle se cacha dans son col.

_ Je ne crois pas.

_ Ah! Soupira-t-elle soulagée. »

La limousine s'arrêta, il sortit pour lui ouvrir la porte. Une femme enceinte sortait de la clinique accompagnée de son mari très attentionné. Une femme âgée démarra une vieille voiture dont le moteur semblait tousser comme un ancien qui aurait trop fumé. La secrétaire accueillait un couple qui souhaitait suivre le traitement hésitant encore. Précédant le vampire, la sorcière entra dans la clinique. L'odeur était toujours la même, toujours dérangeante. Heureusement pour elle son laboratoire ne sentait pas autant l'antiseptique. Ils empruntèrent le même chemin que la veille. Le médecin les fit rentrer. C'est fou ce qu'il était charmant. Ses yeux le déshabillèrent, l'imaginant dans le plus simple appareil. Ses joues rosirent, lorsqu'il lui présenta ses plus plates excuses. Elle adorait le son de sa voix, son corps vibrait quand elle l'entendait. Le vampire était resté dehors accoudé à la fenêtre. Son visage impassible, malgré la pâleur de sa peau, était magnifique. Et ses yeux ressemblait à un océan en furie toujours en action. Il ne se rendait absolument pas compte que toutes les infirmières se retournaient sur lui. Elles se pavanaient, arrêtaient toutes activités juste pour le voir passer. Il semblait ne surveiller qu'elle mais sans jamais vraiment la voir. Elle s'allongea sur ce fauteuil qui ressemble à une couchette, le cuir foncé était typique des cabinets médicaux. Le médecin lui serra un garrot autour du bras droit, chercha la veine, sortit un coton qu'il imbiba d'alcool, puis après avoir frotté le creux du coude, il planta la seringue qui était reliée à une poche sur un plateau en fer qui se balançait. Il préleva dans trois petits flacons en plastique qu'il étiqueta avec des codes barres, puis laissa le sang se faufiler dans un tuyau transparent jusqu'à la pochette qui oscillait le mélangeant à un anti-coagulant. La sorcière ne quittait pas l'homme des yeux étudiant ses courbes oubliant l'aiguille dans son bras, le vampire derrière la porte. Ses pensées revinrent à celui-ci malgré le beau morceau qu'elle avait devant les yeux. Comment était-il en réalité? Qui se cachait derrière la façade du garde du corps? Quel homme avait-il été avant sa transformation? Elle ne savait que penser. Son sourire avait été si humain lorsqu'elle lui avait offert la potion et surtout celui qui avait éclairé son visage lorsqu'il s'était moqué d'elle. Pourtant la plupart du temps son visage était froid comme la pierre, une statue de marbre. L'aiguille se retira de son bras et le médecin lui demanda de tenir un coton pendant qu'il bandait son bras. Une fois cette tâche terminée, le médecin rangea la poche de sang et revint à son bureau. Ils fixèrent un rendez-vous pour le mois prochain. Innocemment il commença à parler du vampire, il lui posa des questions qui lui parurent indiscrètes. La sorcière donna des réponses évasives, agacées. Elle écourta pour la première fois sa visite. Lorsqu'elle franchit la porte, le vampire étouffa un rire franc et joyeux. Le médecin au grand désespoir de la jeune femme préférait les hommes. Mais sa beauté était indéniable et elle ne put s'empêcher de lui jeter un dernier regard pour admirer sa silhouette parfaite et ses yeux magnifiques. Puis, elle repartit suivie du vampire qui riait encore. Une fois dans la limousine, il se reprit revêtant son masque de marbre qu'il arborait pendant qu'il travaillait. Son téléphone sonna, il répondit. Après une courte conversation, il expliqua à la sorcière que l'enquête sur l'agression de la veille avançait. Ses collègues avaient trouvé l'origine de la fuite : une des secrétaires avait parlé du rendez-vous à son mari qui connaissait un militant à qui il en avait parlé en échange du somme d'argent modique. Il avait été arrêté mais le militant du G.P.S.E.H. s'était échappé. Toute une équipe le cherchaient activement.

« Je n'aurais jamais pensé une chose pareille. Je ne me sens plus en sécurité nulle part, sauf peut-être dans ma maison.

_ Mais si vous vous enfermez ce sont eux qui gagneront, lui dit-il d'une voix calme et apaisante.

_ Le pire, c'est que vous avez raison! »

La route était vide et la limousine avalait goulûment les kilomètres jusqu'au portail. Le chauffeur sortit parler au vigile avant d'entrer. Une fois à l'intérieur, la limousine tranquillement roula jusqu'à la maison. Le vampire sortit et ouvrit la portière de la sorcière. Ils firent trois pas dans le froid de la nuit. La porte ouverte, ils entrèrent. Tout était propre et bien rangé, un peu trop pour le vampire qui aimait le désordre. Pas un gramme de poussière ne semblait vouloir se poser sur le sol et sur les meubles. Sur les étagères tous les objets étaient posés symétriquement, une ignominie. Les livres étaient rangés par tailles. L'harmonie tournait à l'obsession. Sans s'arrêter elle se dirigea vers la cave dans son laboratoire d'un pas décidé. Il la suivit en se faisant la remarque qu'il ressemblait à un petit chien collant aux basques de sa maîtresse. Ses pas résonnèrent lorsqu'il descendit les marches en pierres, puis s'y assit regardant la sorcière s'affairer sur sa table lisant, mélangeant et murmurant. Le temps défilait sans qu'il ne détache son regard de la jeune femme. Le son de la pluie qui tombait dehors le berçait. Aucun bruit suspect ne vint déranger ses rêveries, des odeurs étranges vinrent lui chatouiller les narines. Il repartit lorsque son collègue vint pour le remplacer sans un mot ne voulant pas la déranger. Elle ne remarqua pas son départ plongée dans ses expériences.

 

Pendant plus d'un mois la routine s'installa. Tous les soirs sauf le dimanche il se levait, se rendait chez la sorcière qui l'attendait sur le fauteuil, puis elle le laissait pour aller se coucher, puis quelques heures après elle revenait pour prendre une collation et tous deux s'enfermaient dans son laboratoire où il l'observait lire et travailler. Elle consignait tout ce qu'elle faisait dans un grimoire mais étrangement celui-ci jamais ne grossissait comme si les pages étaient innombrables ou s'effaçaient au fur et à mesure. Avant l'aurore, il repartait se coucher dans son petit nid douillet. Une routine qui ne lui déplaisait pas, il restait toutefois très vigilant car ses collègues n'avaient pu retrouver les terroristes qui les avaient agressés à la clinique. Pourtant personne depuis n'avait dérangé leurs habitudes. Celui qui prenait le relais chaque jour et lui n'avaient pas appris grand chose sur la sorcière, même s'il connaissait toute la vie du chauffeur et du vigile, sans parler de la chouette vie des animaux qui peuplaient le parc autour de la maison. A l'intérieur, il avait mémorisé la place de chacun des objets et des livres qui peuplaient chacune des étagère du salon et du laboratoire. Il ne sortait plus beaucoup depuis qu'il travaillait pour la sorcière, sa cliente lui prenait tout son temps. Il n'avait plus beaucoup d'ami et après son séjour en clinique il n'avait eu que des aventures occasionnelles sans lendemain. Il ne sortait que rarement et il préférait passer sa seule journée de congé au lit à regarder la télévision et ne rien faire. Sa femme de ménage faisait les courses en plus du ménage. La gentillesse même, la vieille femme aux cheveux blancs permanentés lui parlait de ses petits enfants et de ses enfants. Sa voix était grave et un peu rauque, elle aimait expliquer qu'elle avait arrêté de fumer mais que sa voix en avait gardé l'empreinte. Pillar avait cet accent hispanique si charmant que gardent les immigrés. Son nom signifiait pilier en espagnol son pays d'origine. Contrairement à beaucoup de gens, le fait qu'il soit un vampire n'avait aucune importance. Elle le traitait comme un de ses enfants négligents qui n'arrivait pas à tenir seul sa maison, n'hésitant pas à le sermonner lorsqu'elle rangeait son désordre. Son franc parler arrivait à le faire rire. Tous les lundis et les mercredis depuis son déménagement, Pillar passait pour lui remplir son frigidaire et s'occuper de son logis. C'était grâce à un agence qu'il l'avait recruté et au bout d'un mois le vampire lui confiait ses clefs lui accordant toute confiance. C'était un lundi comme les autres, Pillar le sermonnait sur la table de la cuisine qui comme d'habitude était recouverte de papiers en tout genre. Quelques heures avant le coucher du soleil, alors que le vampire venait de se lever et avait suivi la femme de ménage dans la cuisine pour ranger ses dossiers, son téléphone portable sonna. Il courut à sa chambre là où il l'avait laissé. Une voix féminine lui répondit.

« Mr Renault?

_ Lui même. Que puis-je faire pour vous?

_ J'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Il y a eu un accident au domicile de votre cliente.

_ Comment va-t-elle? Demanda-t-il une pointe d'inquiétude dans la voix.

_ Je vous rassure elle n'a rien, mais le garde du corps n'a pas eu cette chance. Répondit-elle très professionnellement.

_ Que s'est-il passé?

_ Ils ont été attaqués alors qu'ils quittaient le domicile de Mlle Mamikonian pour se rendre chez une amie. Des terroristes les attendaient sur la route qui longeait la muraille qui protège son domicile et ont fait exploser une charge d'explosif au passage de la limousine. Le chauffeur a été gravement blessé. Une dizaine de personnes armées d'armes automatiques et semi-magiques. Le garde du corps a tout tenté au péril de sa vie pour sauver celle de la sorcière. Le vigile qui avait accouru aux coups de feu a vu le garde du corps s'effondrer, les terroristes avaient encerclé la sorcière les armes à la mains, elle ne semblait pas blessée lorsqu'une forte détonation a retenti et un flash l'a aveuglé. Il a semble-t-il perdu connaissance mais lorsqu'il a repris conscience les agresseurs se roulaient par terre leurs habits en flamme. Le chauffeur sortit de la voiture et confirme cette version, tout comme les secouristes qui sont arrivés peu après. Nous n'avons pu récolter que des cendres des os et leurs dents, nous pourront éventuellement retrouver leur identité sinon la société sera obligée de faire appel à un nécromancien.

_ Et la sorcière ?

_ Comme je vous l'ai dit elle va bien. Il semble que c'est elle qui aurait provoqué cette étrange déflagration, on a relevé une forte concentration de magie. D'ailleurs elle vous réclame : vous et seulement vous.

_ Je ne peux pas sortir, il fait jour dehors. Le soleil n'est pas couché, je vous rappelle que je suis un vampire et même un hybride ne peut pas mettre un pied dehors à la lumière du jour.

_ Mlle Mamikonian m'a assuré qu'elle vous avez donné de quoi pallier à ce petit inconvénient. » Elle ne lui avait pas fait plaisir comme de prime abord il l'avait cru, mais elle protégeait ses arrières. Il n'avait pas le choix et après tout il serait payé en heures supplémentaires. Il ne voulait pas s'avouer son attachement pour la jeune femme, s'en rendait-il au moins compte. Son interlocutrice raccrocha après lui avoir arraché la promesse de se rendre immédiatement au domicile de la jeune femme où elle l'attendait. Pillar voyant son air préoccupé lui demanda :

« La petite dame n'a rien j'espère?

_ Non, dit-il en se préparant le plus rapidement possible.

_ Mais vous ne pouvez pas sortir dehors, il fait encore jour. Vous allez vous tuer.

_ Je sais. Mais vous oubliez que c'est une sorcière, elle m'a donné une potion. Je l'avais gardé pour un jour exceptionnel.

_ Et c'est un jour exceptionnel? Lui demanda-t-elle posant son balai contre un mur et le suivant dans la cuisine.

_ Je pense que je n'ai pas vraiment le choix je crois.

_ On a toujours le choix.

_ Comment ?

_ Rien, rien d'important. Je vais rester avec vous, si jamais il vous arrive quelque chose j'appellerais les secours.

_ Vous me rassurez, merci. »

Il la regarda avec un sourire, il ne voulait pas se l'avouer mais la présence de la vieille femme le tranquillisait. Une fois la porte du frigo ouverte, il sortit la petite bouteille que lui avait donné la sorcière. Plusieurs fois il avait voulu en prendre une gorgée juste pour voir si ce n'était pas une farce, mais la réminiscence de la brûlure et la peur que cela ravive de trop douloureux souvenirs et qu'il ne devienne un drogué de cette douce et chaude lumière dont il ne pensait plus jamais devoir en sentir la caresse sur sa peau ni l'éclat dans ses yeux. L'envie surplombait parfois la terreur alors il sortait la potion du frigo, la regardait, la caressait amoureusement et même l'ouvrait, respirait son parfum. Cette potion avait même remplacé le sang dans ses rêves et ses pensées. L'obsession le hantait comme le fantôme d'une autre vie, la vie à laquelle il avait renoncé le jour de son admission en clinique.

« Vous rêvez?

_ Pardon, je dois le faire »

Ajouta-t-il plus pour lui même que pour sa femme de ménage qui ne le quittait pas des yeux. Il déboucha la bouteille, huma une dernière fois son arôme avant d'en boire une gorgée. Le liquide coula dans sa gorge, un goût amer et acide. Puis rien. Il s'attendait à une lumière ou un feu d'artifice, des picotements dans tout son corps ou n'importe quoi d'autre pour lui indiquer que la potion avait fait effet. Cela ne pouvait être une simple illusion. L'espoir faisait bouillonner son sang. Pillar le dévisageait un peu inquiète. Au bout d'un moment, le vampire se dirigea vers la fenêtre et prudemment il ouvrit les volets, juste assez pour qu'un rayon de soleil pénètre dans l'appartement, le premier depuis qu'il avait emménagé. Cette douce lumière éclaira le parquet en bois clair et le tapis en poil synthétique gris clair. Il approcha sa main de la lumière pâle, tout doucement, tremblant, retenu par la peur, poussé par la folie, guidé par l'espoir. Lorsque enfin sa peau blanche comme la craie fut touchée par le rayon de soleil, aucune brûlure, aucune cloque n'apparut sur sa main. Enhardi par cette victoire il ouvrit les volets totalement. Pillar n'en croyait pas ses yeux, elle savait qu'il était un vampire, elle l'avait senti au premier instant. Cette odeur inimitable de sang et de mort lui collait à la peau, toutes odeurs humaines avaient peu à peu disparu lors de sa transformation. Elle ne se l'expliquait pas, elle travaillait pour d'autres hybrides mais c'était le seul qui en avait perdu toute trace. La sorcière pour laquelle il travaillait devait être assez puissante pour avoir réussi ce prodige de permettre à un vampire, même hybride, de supporter la lumière du soleil. Il regardait par la fenêtre le regard perdu dans le vide, oubliant sa mission, la sorcière et le danger qu'elle courrait, ne pensant plus qu'à lui et au bonheur sans pudeur qu'il lui transperçait le coeur. Il reprit ses esprits lorsque Pillar lui toucha l'épaule lui demandant si tout allait bien. Comme ivre, il hocha la tête et s'écarta de la douce lumière.

« Vous devez y aller je crois.

_ Oui. Répondit-il dans un murmure

_ Je finis et je refermerai derrière moi.

_ Oui, merci beaucoup.

_ Filez, la petite dame vous attend. »

Après un dernier sourire à la vieille femme, il quitta son appartement pour la maison de la sorcière. Le vigile qu'il connaissait était dans la petite maisonnette près du portail soutenant son collègue qui avait un sac de glaçon sur la tête. A l'arrivée de la moto, sans même lui adresser la parole lui ouvrit la grille en fer forgé. Il roula sur les pavés jusqu'à la maison de la sorcière. La porte était entrouverte, il y entra sans même attendre d' y être invité. A peine avait-il franchi le seuil que la jeune femme se jeta dans ses bras. Le vampire surpris ne sût comment réagir, il semblait ne plus se souvenir de la réaction adéquate. Ses mains étaient suspendues dans les airs attendant que l'effusion passe. Son corps se raidit sous l'étreinte de la sorcière, celle-ci s'écarta et le dévisagea.

« Merci d'être venu aussi vite, déclara-t-elle dans un sourire, ses joues étaient maculées de suie.

_ Avais-je vraiment le choix?

_ On a toujours le choix m'a dit un jour une vieille amie.

_ J'ai déjà entendu ce refrain aujourd'hui.

_ Ah bon! Si je voulais que vous veniez alors que le soleil n'est pas encore couché, c'est qu'il me faut aller voir une amie le plus rapidement possible. Vous devez m'y emmener.

_ D'accord, répondit-il pris au dépourvu, mais est-ce bien raisonnable dans votre état.

_ Je vais très bien merci!

_ Vous devriez vous changer et vous laver le visage.

_ Pourquoi? »

Il lui montra le miroir qui reposait aux côtés d'un fauteuil un peu fatigué. D'un pas mécanique elle se plaça devant et vit le spectacle affligeant qu'elle offrait : sa cape était déchirée et noircie, ses cheveux en bataille, sans parler de son visage aussi noir que du charbon. Son sourire fondit comme neige au soleil.

« Vous avez raison, attendez moi là je n'en ai pas pour longtemps. »

Il acquiesça et s'assit sur le fauteuil. Pendant que la jeune femme se préparait, le vampire écouta le doux bruit des vêtements qu'on retire, le son de l'eau qui coule. Lorsqu'elle sortit de sa chambre propre comme un sou neuf. Elle avait enfilé une robe noire serrée à la taille, attachée par des lacets rouges qui s'entrecroisaient dans son dos. Elle tombait sur des chaussures à talons hauts à l'ancienne cirée noire. Ses cheveux noirs étaient rassemblés en une queue de cheval haute d'où s'échappait deux mèches qui bouclaient sur son visage sage. Le vampire qui l'avait entendu s'habiller s'était levé et la regarda d'un air admiratif contemplant sa superbe silhouette. La sorcière surprit son regard alors qu'elle enfilait une cape rouge, ses joues se teintèrent d'une légère couleur rosée.

« On y va? Demanda-t-il comme s'il n'avait rien vu.

_ On prend votre moto? Regardez j'ai même mon propre casque.

_ Ça? Je vais vous en prêter un, venez. On va où? »

2 votes. Moyenne 4.00 sur 5.

Commentaires (2)

1. Sarah 11/02/2009

Ma chère, je trouve l'histoire bien construite et l'intrigue bien ficelée. Tu as effectué ce travail de rédaction, difficile et pénible, avec un grand professionnalisme et un sens du détail affûté. On ne peut qu'applaudir ton courage ! :)

Ton style, peut être un peu lourd dans le prologue et le 1e chapitre, du fait des nombreuses descriptions parfois mal tournées ou trop détaillées, s'affine et les descriptions qui étaient un peu mal tournées au début sont de mieux en mieux construites et intégrées au récit, faisant de ce chapitre 2 une délicieuse lecture, mêlant à merveille suspens, sentiments et fantastique...

Bonne continuation.

2. CanellStory (site web) 05/02/2009

J'ai hâte de voir lorsqu'ils s'avoueront leurs sentiments ^^ En tout cas, l'atachement qui se créer entre eux est intéressant.
Merci pour ton commentaire, ça m'a fait très plaisir. J'espère te revoir sur mon site ^^

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×