Une nuit sans lune : nouvelle 3

 

Une nuit sans lune.

 

Le soleil se levait à l’horizon, doux, sombre. Sa lumière baignait d’une lueur orangée les collines qui s’étendaient à perte de vue.

Elle se leva, lasse, fatiguée. Elle savait qu’elle ne reverrait plus jamais l‘aube. Cela, plus qu’autre chose la troublait. L’aube l’avait toujours fascinée.

Mais cette nuit, tout changerait.

Elle parcourut les quelques mètres qui la séparaient de son village, savourant la caresse du vent sur son visage. Elle marcha, le long de ces rues sombres qu ‘elle connaissait par cœur. Elle se rappela les moment heureux qu’elle avait vécu en ces lieux.

Elle savait trop de choses pour continuer à vivre comme avant.

Cet avant, elle n’était plus sûr de le regretter. Elle leva les yeux, s’aperçut qu’elle était allée trop loin, fit demi-tour, et revint sur ses pas.

Sur la même pierre, elle se rassit. Son téléphone sonna. Elle le sortit, décrocha, dialogua avec une amie. Cet échange, même s’il fut long, fut inutile, plat, vain. Rien ne s’était dit. Elle raccrocha.

Une vieille dame l ‘aborda pour lui demander l’heure. Après avoir été renseignée, la vieille s’en alla se dirigeant rapidement vers l’arrêt de bus. Elle la regarda s’en aller. Elle la fixait sans la voir.

Elle repartit. Elle entra dans un magasin. Tout ce qui l’entoura lui rappela son ancienne vie. Elle essaya d’ignorer les larmes qui commençaient à mouiller ces yeux. Elle les essuya d’un geste sec, du revers de sa manche.

Elle revécut alors les heures qui, la nuit dernière, avaient précédé le lever du soleil : le bruit de vitre cassée dans la chambre de ses parents, leurs cris d’agonie, puis ceux de sa sœur, et enfin la découverte de leurs cadavres affreusement mutilés. A ce souvenir atroce, tout bascula autour d’elle. Elle s’effondra. Tout espoir était vain. Elle chassa, tant bien que mal, les démons du passé. Elle se releva, sortit en courant du magasin. Toutes les personnes présentes la dévisagèrent abasourdis.

Le soir arriva plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. Le désespoir l’envahit. Le crépuscule couvrit le ciel d’un voile sombre, cette nuit serait une nuit sans étoiles. Un frisson de tristesse la parcourut. Rien ni personne ne pourrait changer le cours de l’histoire : de son histoire.

Il vint. Elle l’attendait. Tout se passait comme elle l’avait imaginé. Il s’avança lentement vers elle. Il lui prit les mains, sa peau était douce mais froide. Il lui chuchota à l’oreille des paroles d’éternité, cette voix caressante l’hypnotisa.

Il se pencha vers elle. Elle n’écoutait plus que lui, ne voyait plus que lui, il était son monde. Elle ne prononça pas un mot.

Il l’embrassa.

En cet instant, presque surnaturel, il venait de sceller un pacte connu d’eux seuls. Le silence les entoura, glacial et accablant. Tout allait s’accomplir dans le noir de cette nuit sans lune.

Enfin, il la mordit.

La délivrance de l’éternité.

Sa vengeance serait éternelle.

Elle se haït d’être devenue ce qui avait tué ses parents.

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